PLANTS DE MYRTILLES

MYRTILLIERS BIOLOGIQUES : PLANTS DE MYRTILLES


Prix unitaire HT selon la quantité

Exemple : Pour l’achat de 100 plants myrtilliers Ivanhoé biologiques, le prix sera de 3,54€ HT par plant. Soit un total de 354,00€ HT.

Introduction à la Myrtille

Les notions de base à propos de la culture de la myrtille

Le nom scientifique de la myrtille est Vaccinium sp. appartenant à la famille des Ericaceae. Les myrtilliers sont des arbustes érigés ou rampants, de hauteur variable selon les espèces (0,3 à 7,0 m), à feuilles alternées, caduques ou vivaces, d’une grande longévité, pouvant dépasser 50 ans dans de nombreux cas.

  • Racine : le système racinaire est superficiel, avec 80% de celui-ci présent dans les 40 premiers cm. Le myrtillier a de fines racines fibreuses qui sont caractérisées par l’absence de poils absorbants. Entre les racines et la partie aérienne se trouve la couronne, qui a la capacité d’émettre des pousses. Les racines sont sensibles aux inondations dans les sols lourds.

  • Feuilles : alternes, courtes, pédiculées, de forme elliptique-lanceolée d’environ 5 cm de long, caduques, verte pâle à très intense selon les cultivars, légèrement dentées et finement nerveuses sur la face inférieure. Elles acquièrent une coloration rougeâtre à l’automne.

  • Fleurs : Axillaires ou terminales, en grappes de 6 à 10 à chaque bourgeon, sépales persistants, corolle évasée blanche aux tonalités roses dans certains cultivars, formée de 4-5 pétales soudés, 8 à 10 étamines avec ou sans anthères, prolongée en tubes terminaux avec une ouverture au sommet, un simple pistil. Le nombre de bourgeons floraux qui peuvent se développer sur une branche d’un myrtillier semble être lié à l’épaisseur de la branche, au cultivar.

  • Fruit : C’est une baie sphérique de 1 à 3 cm de diamètre, d’un poids de 0,5 à 4,0 g et contenant plusieurs graines, 20 à 100 graines, dont le nombre est lié au calibre du fruit. Les myrtilles, au fur et à mesure qu’elles mûrissent, passent par différents degrés de couleur, acquérant la teinte bleue caractéristique à la fin de la maturation. En même temps, l’épiderme de la myrtille est recouvert de sécrétions cireuses, ce qui lui donne une très belle finition. Les fruits les plus proches des branches sont plus gros que les branches distales, et leur taille a également été liée à la vigueur de la branche, c’est-à-dire que les branches plus vigoureuses produisent généralement des myrtilles plus grosses. De plus, les premiers fruits mûrs d’un cultivar sont souvent plus gros que ceux récoltés plus tard. Deux caractéristiques commercialement pertinentes du fruit sont : la cicatrice qui subsiste lorsque le pédoncule est détaché, qui doit être petite et sèche afin d’empêcher l’action des agents pathogènes, et la fermeté, qui est étroitement liée à l’épaisseur de l’épiderme.

 

Grappe généreuse de myrtilles

 

Quelles sont les différentes variétés de myrtilles ? Quelle variété choisir ?

Lorsqu’il s’agit de faire une plantation fruitière, l’une des décisions les plus complexes à prendre est le choix des cultivars. Dans le cas des myrtilles, un certain nombre de considérations importantes doivent être prises en compte :

  • les heures froides de la zone de culture, il existe des cultivars dont les besoins varient de 100 à 1200 h/f ;
  • le temps de maturation, car, selon le créneau de marché que vous souhaitez occuper, il existe des cultivars dont la maturité des myrtilles varie de très tôt à très tard ;
  • la destination des myrtilles, destinées soit au marché frais soit à l’industrie agro-alimentaire. Dans la première hypothèse, il est préférable de privilégier les variétés à gros fruits qui ont aussi un rendement plus élevé dans la récolte. Si les myrtilles sont destinées à l’industrie, la taille du fruit n’est pas si importante, car il s’agit généralement de cultivars plus productifs qui arrivent à maturité en mi-saison ;
  • la résistance de la myrtille à la manipulation, surtout lorsqu’il est destinée à l’exportation ;
  • le type de récolte. Pour une récolte mécanisée il est indispensable de choisir des cultivars avec une maturation groupée, une dureté considérable de la myrtille et un détachement facile de celle-ci du myrtillier ;
  • une productivité élevée et une bonne conservation ;
  • la taille de la blessure (ou cicatrice) au point d’insertion avec le pédoncule. Lorsque la destination est le marché frais, il est important que la cicatrice soit petite et sèche, pour une meilleure conservation de la myrtille, minimisant le risque de pourriture ;
  • résistance aux ravageurs et aux maladies.

Il existe une large gamme de cultivars dans le monde entier, la grande majorité est d’origine nord-américaine, quelques variétés allemandes mineures et d’autres plus récentes, australiennes et néo-zélandaises. Selon la période de maturation de la myrtille, les cultivars peuvent être classés en très précoce, précoce, mi-saison, tardive et très tardive :

  • Précoce (début juin) :

– Duc’ : Arbuste moyennement vigoureux, à nombreuses branches à partir du sol. Très productif. Fruit gros et dur, petite cicatrice, bleu clair et croquant à la mastication, saveur douce. Floraison tardive. Il s’adapte bien à la récolte mécanique et est l’un des premiers cultivars les plus plantés aujourd’hui. Il doit être taillé fortement car il a tendance à la surproduction.

– Legacy’ : arbuste à croissance verticale, légèrement ouvert et assez vigoureux. Très productif, mais assez lent à démarrer la production. Durant les hivers doux, il peut conserver une partie de ses feuilles. La myrtille est de calibre moyen, très ferme, de couleur bleue clair et d’une excellente saveur.

  • Mi-saison (juillet) :

– Bluecrop’ : Un des plus anciens cultivars. Croissance vigoureuse, érigée, avec beaucoup de branches et très productive, tendant à la surproduction. Le fruit est grand, bleu clair et de bonne qualité, avec une petite cicatrice. La maturation peut être prolongée de 5 à 6 semaines.

– Brigitta’ : Végétation vigoureuse, légèrement ouverte et très productive. La pollinisation croisée améliore considérablement la production et la taille des myrtilles. Gros fruit légèrement acide, avec une petite cicatrice sèche, d’une qualité de conservation exceptionnelle, conservé jusqu’à 2 mois en Atmosphère Contrôlée. Aujourd’hui la Brigitta se place parmi les myrtilles préférées aux États-Unis, pour son goût et sa sensation de croquant à la mastication.

– Ozarkblue’ : Cultivez avec une croissance verticale, vigoureuse et très productive, recommandée pour les régions aux hivers doux. Floraison tardive. Myrtille de grande qualité, grande, ferme et bleue clair, avec cicatrice sèche.

– Liberté’ : Sélectionnée à partir d’un croisement entre’Briggita’ et’Elliott’, elle a hérité des meilleures qualités des deux. Arbuste à croissance verticale, légèrement ouvert et vigoureux, avec de grandes grappes de myrtilles suspendues vers l’extérieur, facilitant la récolte. Il s’adapte bien à la récolte mécanique. Myrtilles au goût acide, de taille moyenne à grande, de couleur bleu clair et très ferme.

– Ivanhoé’ : (voir la description de la fiche article sur notre boutique en ligne).

 

  • Tardive (fin août) :

– Elliott’ : Vigueur moyenne, croissance verticale, branches un peu faibles nécessitant une forte taille les premières années pour bien former l’arbuste.  Floraison tardive. Fruit de taille moyenne, bleu clair, ferme, avec une petite cicatrice et sec, adapté à la récolte mécanique, assez acide mais améliorant sa qualité en chambre froide, peut être conservé jusqu’à 12 semaines dans une atmosphère contrôlée.

-Aurora’ : Récemment obtenu, c’est le cultivar qui arrive à maturité entre 5 et 10 semaines  après ‘Elliott’. De plus, il est plus vigoureux et productif, avec des myrtilles légèrement plus grosses, une acidité moindre, une couleur légèrement plus foncée et une conservation au froid supérieure.

  • Très tardive (septembre) :

Récemment, un certain nombre de nouveaux cultivars de l’espèce Vaccinium ashei destinés à une production tardive, tels que « Powderblue », « Ochlockonee », « Rahi » et « Maru », ont été mis sur le marché. Certains de ces cultivars ont été introduits dans des plantations commerciales de notre région.

– Powderblue’ : Comme la plupart des cultivars du groupe, il est plus vigoureux et plus productif que ceux du groupe des coryphènes. La myrtille est uniforme et de bonne taille, de couleur bleu clair, avec une petite cicatrice sèche, résistante au fendillement pendant les longues périodes de pluie, facile à récolter et adapté à la récolte mécanique, même sur le marché frais. Bonne conservation au froid.

– Ochlockonee’ : sélectionné par l’Université de Géorgie (USA). Moyennement vigoureux, très productif. Les attributs tels que la couleur de la myrtille, la cicatrice et la fermeté sont similaires à ‘Tifblue’, mais il est plus productif et son calibre de fruit est plus grand. Il mûrit une semaine plus tard que le’Powderblue’, coïncidant avec le’Tifblue’.

– Maru’ : Il s’agit d’une sélection récente obtenue en Nouvelle-Zélande. Arbuste vigoureux, légèrement ouvert et très productif. Le fruit est modérément gros, de couleur bleu foncé, bien exposé et d’excellente qualité. C’est actuellement la dernière variété disponible et peut avoir des problèmes à mûrir correctement dans les régions froides avec des étés courts. Il mûrit de septembre à mi-octobre.

La plantation des myrtilles

L’importance de préparer le sol avant la plantation des plants de myrtilles

Comme pour toute autre espèce fruitière, la préparation du sol est très importante pour le bon développement de la culture de la myrtille. Le meilleur moment pour commencer ces travaux préparatoires est à la fin de l’été ou au début de l’automne. Auparavant, il est utile de faire une analyse du sol qui permet, d’une part, de déterminer son pH et d’y apporter des amendements si nécessaire et, d’autre part, de corriger les éventuelles carences en nutriments avec l’engrais de fond. Avec des niveaux de phosphore (P) et de potassium (K) supérieurs à 10 ppm et 150 ppm, respectivement, il ne serait pas nécessaire de procéder à la fertilisation minérale du fond. Si les niveaux sont plus bas, la quantité nécessaire doit être fournie pour se rapprocher des niveaux optimaux. Bien qu’il s’agisse d’espèces de sol très acides, si le pH est inférieur à 4, un amendement ou un chaulage au calcaire doit être effectué pour l’ajuster aux niveaux optimaux, fournissant environ 1 000 kg/ha de chaux vive (CaO) ou éteinte (Ca(OH)2) pour élever 1 unité de pH. Ces chaux sont considérées comme des produits à action rapide, car elles réagissent pratiquement en un mois avec le sol et exercent leur action neutralisante. Par contre, si la valeur du pH est légèrement supérieure à 6, il est conseillé, outre l’utilisation d’engrais à réaction acide (sulfate d’ammonium, sulfate de potassium, etc.), d’appliquer un amendement tel que le soufre. L’application est faite au moins 6 mois avant l’établissement de la plantation, en étant incorporée dans les 15-20 premiers cm de sol. En plus de l’apport de soufre, il est recommandé d’effectuer une fertirrigation continue pendant tout le cycle de la culture, en acidifiant à la fois la solution nutritive et l’eau d’irrigation, pour maintenir le pH dans la zone du système racinaire à des niveaux optimum. Une autre forme de culture pour les sols dont le pH est trop élevé consiste à creuser un fossé dans la ligne de plantation et à remplacer ce sol par un autre qui présente les caractéristiques appropriées. L’inconvénient de cette technique, pour les grandes exploitations, est qu’elle est très coûteuse. Comme il s’agit d’une culture très exigeante en matière organique, si le pourcentage est inférieur à 2-3%, il sera nécessaire d’épandre du fumier à raison de 30 à 60 t/ha. Une fois les corrections nécessaires effectuées, la première tâche sera de sous-soler l’ensemble de la parcelle pour briser les couches les plus profondes, aérer le sol et faciliter le drainage dans les zones à risque d’inondation. Ensuite, un hersage ou un labourage est effectué pour enterrer les engrais, laissant le sol jusqu’au moment de la plantation. Juste avant la plantation, la fraise est passée pour enlever la végétation qui a émergé et émietter le sol. Il est très important d’effectuer toutes ces tâches de préparation avec des machines lorsque le sol présente de bonnes conditions d’humidité, pour éviter l’agglutination.

Comment et quand planter les plants de myrtilles ?

Le cadre de plantation dépendra en partie de la taille de la parcelle, du système de récolte (manuel ou mécanique), des cultivars (plus ou moins vigoureux, dressés ou ouverts) et, bien sûr, de la fertilité du sol.  Dans le cas des petits vergers, où il n’est pas nécessaire de circuler dans les rues avec des machines, le cadre peut être de 0,75 à 1,0 m entre les plantes et 2,0 à 2,5 m de rue. Dans le cas de superficies supérieures à 0,5 ou 1,0 ha, où il est indispensable d’avoir un accès machines par les rues pour effectuer les différentes tâches de culture et de récolte, le cadre entre les plantes peut être le même que le précédent, mais la rue doit avoir un minimum de 3 m, voire 3,5 m si la collecte des fruits doit être mécanisée avec des machines automotrices. A l’extrémité des rues, il faut laisser une zone de virage de 5 à 7 m à gauche. Les cultivars de l’espèce V. ashei, étant plus vigoureux, peuvent nécessiter un cadre légèrement plus large (1,5 x 3 – 3,5 m).

De nos jours, il est de plus en plus fréquent de planter des myrtilles avec des densités plus élevées, atteignant 6.000 plants par hectare afin d’obtenir des rendements élevés dans les premières années et amortir rapidement l’investissement. Il n’est pas très recommandé d’utiliser des plants à racines nues, et encore moins s’il n’y a aucune possibilité d’irrigation après la plantation, car le système racinaire de la myrtille est très sensible à la dessiccation, il doit être planté en laissant la motte légèrement enterrée et en pressant le sol autour de lui pour prévenir la formation de poches d’air. Si la plantation coïncide avec une période de sécheresse, l’arrosage doit être effectué immédiatement après la plantation afin de maintenir l’humidité des racines et d’améliorer leur contact avec le sol. Dans la mesure du possible, il est préférable de planter tôt, à la fin de l’automne, car l’activité du système racinaire commence beaucoup plus tôt que celle de la partie aérienne. De cette façon, le myrtillier peut être bien enraciné dès le début de la germination au printemps. Cependant, avec des plantes avec motte de racines et l’irrigation, vous pouvez planter pratiquement n’importe quand dans l’année. Dans les sols à risque d’engorgement, il est fortement recommandé de planter sur des billons qui améliorent le drainage autour des plants, car le système racinaire des myrtilles est très sensible à l’humidité excessive. Ceci réduit les problèmes de racines dus à Phytophthora. Les crêtes auront une largeur d’environ 0,70 à 1,0 m et une hauteur de 30 à 40 cm.

 

L’entretien des myrtilles

Comment et pourquoi pailler les plants de myrtilles ?

Le paillage consiste à recouvrir le sol de la ligne de plantation de matières organiques (écorce de pin, paille, sciure de bois, etc.) ou de matières synthétiques (plastique, etc.), principalement pour empêcher la croissance des mauvaises herbes et maintenir l’humidité dans la zone du système racinaire. La mise en place d’une couverture de surface permet de réduire la fréquence de l’arrosage, en plus de protéger les jeunes racines de l’évaporation excessive de l’eau durant les journées chaudes. Son placement est donc indispensable en cas d’absence d’irrigation. Cette technique favorise énormément le développement du myrtillier dans les premières années, ce qui donne des plantes saines et vigoureuses avec de meilleures productions et une plus grande croissance du bois de l’année. La couverture d’origine organique a l’avantage d’apporter de la matière organique au sol et d’améliorer sa structure, mais a une durée très courte (4-5 ans) et les herbes s’y installent. D’autre part, le filet anti-herbe a une durée de 10-15 ans et remplit mieux sa fonction principale, qui est d’éviter la croissance de l’herbe dans la ligne de plantation.
En ce qui concerne l’entretien du sol, il est conseillé de maintenir la route herbée, ce qui minimise l’érosion du sol dans les zones en pente et réduit le compactage du sol par le passage des machines. L’herbe doit être coupée périodiquement pour éviter la concurrence avec la culture en termes d’eau et d’éléments nutritifs, laissant par ailleurs les restes sur le sol qui seront incorporés au sol pour augmenter la teneur en matière organique. Les herbicides peuvent être utilisés pour supprimer les mauvaises herbes qui peuvent sortir par le rembourrage ou par les bords du rembourrage, mais il faut faire attention de ne pas toucher les parties vertes des plantes. De plus, dans les sols très sablonneux, il doit être utilisé avec une grande prudence, car il est possible que la plante l’assimile par la racine.

Quelle irrigation/arrosage et quelle quantité d’eau pour la culture des myrtilles ?

Cette espèce est sensible aux périodes de sécheresse estivale, surtout pendant la phase juvénile, car ses racines manquent de poils absorbants et sont très sujettes à la déshydratation. Il est donc nécessaire de maintenir un niveau d’humidité adéquat. Les myrtilles présentent une croissance cyclique : une première période de croissance rapide du péricarpe, qui dure environ 29 jours après la fécondation ; une croissance ralentie du péricarpe avec un développement rapide de l’embryon de 5 à 56 jours ; et enfin, une autre période de développement accéléré de l’épicarpe qui continue jusqu’à maturité, qui peut atteindre environ 26 jours. La taille de la myrtille est conditionnée par le niveau et les oscillations de l’humidité du sol, d’où la grande importance de l’irrigation. Dans les plantations adultes, les plus grands besoins en eau sont concentrés sur la période d’épaississement et de maturation des fruits, c’est-à-dire de juin à septembre. D’autre part, dans les mois de juillet et août, la formation des bourgeons floraux commence pour l’année suivante, et leur nombre peut diminuer considérablement si elle coïncide avec une période de rareté de l’eau dans le sol. Il est important de faire une analyse de la qualité de l’eau d’irrigation, car la myrtille ne tolère pas la salinité ou l’excès de calcium, bore ou chlore. Les applications d’irrigation doivent être faites de façon à ce que les 15 à 20 premiers centimètres du sol restent humides, car c’est là que se trouvent la plupart des racines. Les besoins en eau dépendront de facteurs climatiques tels que la température de l’air, le vent, l’humidité relative, l’ensoleillement ainsi que le type de sol. Dans un sol sablonneux on devrait augmenter la fréquence de l’irrigation et diminuer sa durée, contrairement à un sol limoneux, avec une plus grande rétention d’eau, où l’irrigation peut être plus longue et plus espacée. Les systèmes d’irrigation localisés permettent l’irrigation à haute fréquence et offrent également la possibilité de fertirrigation (application conjointe d’eau et d’engrais).

L’irrigation au goutte-à-goutte est la plus appropriée, compte tenu du fait que les débits nécessaires pour répondre aux besoins de la culture ne sont pas trop importants. A titre indicatif, une moyenne de 15-20 litres/plante et par semaine pendant les mois de juin à septembre peut être suffisante.

Quelle fertilisation pour les myrtilles ? Quel est le meilleur engrais pour la bonne culture des myrtilles ?

Comme indiqué précédemment, les myrtilles sont cultivées dans des sols acides où l’on trouve de nombreux éléments nutritifs à de faibles concentrations. En général, ces arbustes ont de faibles besoins en engrais et sont également très sensibles à une forte teneur en sel. En raison de ces besoins nutritionnels inhabituels, de nombreuses pratiques courantes de fertilisation des fruits ne conviennent pas aux myrtilles. De nombreuses études ont montré que pour obtenir une croissance rapide des jeunes plants, ainsi que pour obtenir des rendements élevés sur des plantes déjà âgées, il est nécessaire d’appliquer un bon programme de fertilisation.

Les recommandations d’engrais doivent toujours être faites sur la base des analyses du sol et des analyses foliaires correspondantes. Dans les plantations établies, l’analyse foliaire est plus utile que l’analyse du sol. La première permet de vérifier le programme de fertilisation établi, et il est recommandé de le faire tous les 2 ou 3 ans. L’analyse du sol peut être effectuée tous les 3 ou 4 ans pour vérifier les changements du pH du sol et des nutriments tels que le phosphore, le potassium, le calcium ou le magnésium. Les échantillons de sol doivent être prélevés à la ligne d’irrigation, dans la zone située entre la plante et le compte-gouttes. Pour les analyses foliaires de routine, il est nécessaire de prélever, en juillet ou pendant la première quinzaine d’août, des feuilles fraîchement déployées sur les branches de l’année, en nombre de 5 feuilles sur chacune d’au moins 10 plantes réparties de manière aléatoire dans l’exploitation. Si le but de l’analyse foliaire est de diagnostiquer un problème éventuel, il est nécessaire de prélever un échantillon des plantes affectées, ainsi qu’un autre de plantes apparemment saines, au moment où il est détecté. Le tableau ci-dessous montre les gammes optimales de macro et microéléments dans les feuilles de myrtilles, ainsi que la valeur à partir de laquelle l’élément nutritif en question est considéré comme manquant ou excessif.

 

Tableau foliaire des macro et micro-éléments du myrtillier

 

En règle générale, pour que le myrtillier se développe bien, surtout les premières années, les doses d’engrais doivent être faibles et réparties sur toute la période allant de mars à juillet. La fertirrigation joue donc un rôle très important dans le bon développement de cette culture, en incorporant les engrais dans l’eau d’irrigation et en les dosant en fonction de leurs besoins. L’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K) sont les macronutriments dont la myrtille a besoin en plus grande quantité, avec d’autres nutriments secondaires tels que le magnésium (Mg) (en quantité moindre). Les oligo-éléments, ou éléments chimiques nécessaires en très petites quantités, jouent également un rôle important dans la fertilisation. En général, dans les sols recommandés pour les myrtilles, avec des pourcentages élevés de matière organique, les carences en microéléments (fer, manganèse, zinc, cuivre…) ne sont pas fréquentes, contrairement aux sols très sableux et avec peu de matière organique.
Pour culture de myrtilliers en pleine production, une dose moyenne d’engrais peut être d’environ 90 N, 45 P2O5, 90 K20 et 25 MgO d’UF (unités engrais)/ha.

Comment et quand tailler les plants de myrtilles ?

Si l’on tient compte du fait que les myrtilles produisent sur des branches cultivées l’année précédente et que les branches de plus de 4-5 ans ne sont plus optimales pour produire des fruits de qualité, on peut en déduire que la taille chez cette espèce est un facteur fondamental pour faciliter le renouvellement annuel des branches et obtenir des récoltes de qualité. Les objectifs de la taille des myrtilliers peuvent être résumés comme suit :

  • former un buisson avec 8-10 branches principales, qui proviennent directement du sol ou du col de la plante formant une sorte de tronc, selon les variétés,
  • favoriser la croissance de nouveaux bois,
  • contrôler la taille de l’arbuste, et
  • pour assurer une production régulière.

Si l’on n’effectue pas une taille régulière, à partir de l’année 5º-6º, les branches commencent à vieillir et la plante atteint une densité excessive, avec des pousses de plus en plus faibles et l’absence de branches de renouvellement qui en résulte. Cela entraîne un vieillissement prématuré de la plante, une diminution de la production, ainsi qu’une plus grande sensibilité aux attaques des ravageurs et des maladies. Au contraire, si la taille est excessive, on développe des branches très vigoureuses qui produiront une petite récolte avec de gros fruits. La taille doit donc être équilibrée, basée sur le comportement variétal et adaptée au système de culture. La période la plus propice à la taille est la période de repos hivernal, de novembre à début mars.

 

Les exigences des myrtilles en matière de climat et de sol

L’accumulation d’heures froides est un facteur déterminant pour décider si la culture de la myrtille peut être produite commercialement dans une région. Toutefois, la gamme actuelle de variétés permet de cultiver des myrtilles dans des zones climatiques très différentes.

Quel est le climat adéquat pour la culture des myrtilles ?

La myrtille peut supporter des températures très basses pendant l’hiver (-30 º C). Mais des températures au-dessus de 28-30 º C, peuvent affecter négativement la myrtille et causer des rides et des brûlures. Les vents forts dominants, surtout au cours des premières années de vie de la plante, endommagent la croissance de la plante, causant des dommages au feuillage, affectant la floraison et la pollinisation par les insectes. Elle provoque également la chute des fruits et des lésions.
Des hivers doux, mais avec suffisamment d’heures froides, avec des températures modérées en été et une humidité relative élevée, répond aux conditions climatiques optimales pour la culture de la myrtille.

Quel type de sol pour les myrtilles ?

En ce qui concerne les sols, ils doivent avoir une texture légère, un bon drainage et une matière organique abondante, supérieure à 3%, ce qui permet de retenir l’humidité nécessaire au développement optimal du système racinaire. Le pH du sol dit se situer entre 4,5 et 5,5. La myrtille de type « ashei » tolère les sols dont le pH est légèrement plus élevé. Les sols riches en calcium ne sont pas recommandés pour cette espèce. Les meilleurs sols sont les prairies, sans résidus de cultures fruitières ou forestières, et surtout sans herbicides résiduels.

Les ravageurs et les maladies de l’arbre à myrtilles

Les plants de myrtilles nécessitent peu ou pas de traitements phytosanitaires pour produire des myrtilles de qualité en Europe. Cependant, dans des pays comme les États-Unis, où l’industrie de la myrtille s’est développée dans des régions où la myrtille sauvage était déjà très présente, les ravageurs à l’état sauvage ont migré vers les plantations commerciales. Les cultivars « ashei », par contre, sont plus résistants aux dommages causés par les insectes.

Quels sont les parasites de la myrtille ?

En Asturies, et même au niveau européen, aucun problème majeur de ravageurs n’a été détecté jusqu’à présent. Essentiellement des cas spécifiques d’attaques de cochenilles, de chenilles ou de pucerons ont été observés. La lutte biologique, en tant que moyen écologique de lutte contre ces ravageurs, est de plus en plus répandue. Tous les ravageurs de la myrtille causés par des insectes, et économiquement importants, produisent des symptômes et des dommages caractéristiques qui sont facilement identifiables sur le terrain, même à l’œil nu.

  • Des attaques éparses de cochenilles (Aspidiotus sp., Pulvinaria sp., Lepidosaphes ulmi L., Icerya purchasi Maskell) ont été détectées dans quelques plantations en Asturies. Les cochenilles ont peu de mobilité sur la culture, seuls certaines au stade juvénile ont des pattes et se déplacent donc vers d’autres parties des plantes où elles forment de nouvelles colonies. Les adultes ont une coquille protectrice appelée bouclier. Lorsque la température augmente, il est nécessaire d’essayer de localiser les stades juvéniles afin de détecter les premières naissances et d’effectuer le contrôle adéquat. C’est une période où les cochenilles sont dans leur état le plus vulnérable parce qu’elles ne sont pas protégées par leurs boucliers.
    Lutte : Les traitements hivernaux sont à base d’émulsions d’huiles minérales. Si le traitement doit être effectué pendant la période active du myrtillier, les branches très affectées peuvent être taillées et pulvérisées avec un insecticide. Les parasitoïdes afélinoïdes ont été largement utilisés dans les programmes de lutte biologique contre les cochenilles. Certains prédateurs, comme Rodolia cardinalis (Mulsant), ont également un bon contrôle de ce ravageur.

 

  • Cheimatobia (Cheimatobia brumata L.) qui attaque les fleurs et les myrtilles. Cette chenille mesure 3 cm de long, de couleur verte, avec une bande dorsale plus foncée et deux côtés blancs. Elle marche en courbant son abdomen. Elle apparaît généralement vers le mois d’avril, se nourrissant de bourgeons, pour passer aux fleurs et aux fruits plus tard. Il se transforme en chrysalide une fois à terre, avec des papillons apparaissant vers le mois d’octobre, et il peut même survivre tout l’hiver. Le papillon femelle n’a pas d’ailes, tandis que le mâle a de grandes ailes, gris jaunâtre ou rougeâtre.
    Lutte : traitements insecticides au printemps.

  • Des attaques sporadiques de pucerons (Myzus persicae Sulzer, Aphis gossypii Glover, Aphis fabae Scopoli et Aphis spiraecola Patch) peuvent causer différents types de dégâts sur la culture de la myrtille. En tant qu’insectes suceurs, ils extraient les nutriments de la plante et modifient l’équilibre des hormones de croissance. Cela entraîne un affaiblissement du myrtillier, ce qui peut entraîner une réduction de la production finale. De plus, comme la mélasse peuvent être produits sur les myrtilles, elles sont dépréciées, il est donc essentiel de les laver avant de les commercialiser. Les pucerons agissent également comme vecteurs de virus phytopathogènes.
    Lutte : outre les insecticides, on peut utiliser dans le cadre d’une culture de la myrtille bio la guêpe Aphidius colemani Viereck ou … des coccinelles qui pourront manger chacune plus de 200 pucerons par jour !

 

Les autres principaux ravageurs dans l’hémisphère nord sont :

  • Cacoecia (Cacoecimorpha pronubana (Hübner)). Cet insecte lépidoptère est originaire de la région méditerranéenne et est un ravageur de plusieurs cultures en Europe du Sud et en Afrique du Nord. Il est thermophile, puisque l’isotherme de 2ºC limite sa propagation, et très polyphage. Il est bien adapté à la myrtille d’Amérique, étant très fréquent dans les plantations d’Andalousie, dans lesquelles les cultivars « highbush du sud » sont moins affectés que le « lapiteye » ; de plus, la culture sous tunnel/serre favorise sa présence. Dans les plantations asturiennes et du sud de la France, il n’a été détecté qu’occasionnellement, jusqu’à présent. Les larves provoquent des déformations foliaires et une diminution du feuillage, ce qui affecte la croissance normale des myrtilliers. Les fleurs et les myrtilles peuvent être directement et indirectement affectées, car les fruits sont tachés par la sécrétion des fils de soie utilisés pour leur abri, ainsi que par les excréments. Des tests effectués dans des plantations expérimentales ont permis de déterminer la présence de larves de fin avril à mi-juillet.
    Lutte : L’utilisation de phéromones commerciales pour suivre les mâles permet de contrôler les courbes de vol et de proposer des dates de traitement. Celles-ci sont réalisées avec des émulsions de Bacillus thuringiensis, appliquées avant ou au milieu de la floraison. L’espèce est plus vulnérable durant les premiers stades larvaires, avant qu’elle ne forme des refuges.

 

  • Charançon du sol. Au stade larvaire, il s’attaque aux racines et au collet du myrtillier. L’espèce la plus commune est Brachyrhinus sulcatus F. L’insecte adulte peut mesurer entre 10-12 mm et son corps est couvert d’écailles brunes foncées et grises. Les larves sont blanches, avec une tête brune, toujours courbées en forme de « C ». Les dégâts les plus importants sont causés par ces derniers, qui s’installent dans le système racinaire en mangeant les racines, puis deviennent adultes en passant aux feuilles, grignotent leurs bords pour se nourrir et y pondent des œufs, recommençant ainsi le cycle.
    Lutte : application d’insecticides autorisés sur les substrats en pépinière.

 

  • Vers de la canneberge (Rhagoletis mendaz Curran). C’est le plus important ravageur de la myrtille en Amérique du Nord. Les adultes sont de petites mouches qui pondent leurs œufs sur les baies, d’où naissent les larves qui sont ensuite introduites dans les myrtilles pour s’en délecter. Lorsque les myrtilles infectées tombent au sol, la larve devient une chrysalide pour passer l’hiver. La mouche adulte quitte le sol l’année suivante pour commencer le cycle. Certains cultivars sont plus sensibles à l’infection que d’autres. Ainsi,’Earlyblue’ et’Bluetta’ semblent être résistants à ce jour.
    Lutte : application d’insecticides autorisés pendant la période d’apparition de la mouche, vers mai ou juin.

 

  • Les oiseaux sont la plus grave infestation de myrtilles par les vertébrés, en particulier sur les petites parcelles où les étourneaux sont abondants. Cependant, la gravité des dommages peut varier considérablement d’une année à l’autre. Ils sont contrôlés par des méthodes de répulsion, en couvrant la parcelle avec un filet anti-oiseaux, bien que cette solution puisse ne pas être rentable. Certains produits végétaux comme l’anthranilate de méthyle, un composé que l’on trouve dans le raisin et certains agrumes, sont actuellement à l’essai comme répulsifs. Aux États-Unis, certains producteurs de myrtilles font carrément appel à des éleveurs de rapaces qui vont chasser les oiseaux de la culture…

 

Dégâts sur les myrtilles causés par les oiseaux

 

  • Des nématodes. Certaines espèces appartenant aux genres Paratrichodorus sp. et Hemicycliophora sp. causent des dégâts dans la pépinière. Xiphinema sp. est un vecteur viral. Cependant, la myrtille résiste à deux parasites très nuisibles dans différentes cultures, tels que Meloidogyne hapla et Pratylenchus penetrans.

 

Comme pour les ravageurs, il n’y a actuellement aucun problème sérieux de maladie de la myrtille dans notre région. Les cas les plus significatifs jusqu’à présent ont été quelques cas spécifiques de branches et de fruits d’anthracnose, de botrytis dans les périodes pluvieuses, de monilia et de phomopsis.

Quelles sont les champignons qui peuvent affecter la myrtille ?

  • Anthracnose (Colletotrichum sp.). Le champignon peut affecter les branches, les feuilles et les fleurs, mais les dégâts les plus graves sont causés sur les myrtilles. Dans ce cas, une analyse et un traitement particuliers de la maladie sont nécessaires, car les fruits peuvent être asymptomatiques dans la plante et entraîner des pertes importantes après la récolte. L’infection se produit pendant la floraison, montrant des dégâts au moment de la récolte. Elle se reconnaît par un enfoncement sur la myrtille et la formation de spores de couleur saumon sur celle-ci. Les cultivars « ashei » sont généralement moins sensibles que les autres.
    Lutte : Appliquer efficacement le fongicide tous les 7 à 10 jours, en commençant dès la préfloraison.

  • Botrytis ou pourriture grise (Botrytis cinerea). L’incidence la plus élevée de cette maladie coïncide avec des printemps très pluvieux et des températures autour de 20°C. Les symptômes se manifestent par le flétrissement des terminaisons des jeunes pousses, qui au début prennent une couleur brune ou noire, pour blanchir plus tard à grillé ou gris, pouvant atteindre toute la branche. Les fleurs fanées restent sur la plante beaucoup plus longtemps que les fleurs non affectées. Les parties anciennes de la plante sont rarement attaquées, bien que le champignon puisse vivre comme un saprophyte pendant l’hiver, se propageant au printemps sous forme de spores qui affectent principalement les grappes de fleurs et même les myrtilles, se présentant sous un aspect momifié. Le pathogène Botrytis sp. produit une grande quantité de mycélium gris. Lutte : lorsque l’infection est à ses débuts, il est recommandé de couper les pousses atteintes et de les brûler. Dans les cas plus graves, des fongicides autorisés peuvent être appliqués au début de la chute des pétales.

  • Monilia (Monilia sp.). C’est l’une des maladies les plus répandues pour la myrtille, et ce, pour tous les cultivars existants. Ce champignon affecte les pousses, les feuilles, les fleurs et les fruits et peut réduire considérablement la récolte. Les branches et les fleurs touchées se fanent et deviennent brunes, comme si elles étaient brûlées. Les feuilles et les pousses se développent au printemps à l’automne. Dans le cas des myrtilles, elles acquièrent une couleur crème ou rose saumon, et deviennent éventuellement rougeâtre ou brune clair. Les pertes de récolte peuvent être graves, selon le niveau d’infestation, les conditions environnementales et la sensibilité du cultivar.
    Lutte : L’utilisation appropriée de fongicides peut lutter contre cette maladie.

  • Phomopsis (Phomopsis vaccinii). Cette maladie a été l’une des premières observées dans les plantations américaines, et a acquis une importance économique, car elle peut complètement tuer les jeunes plants de myrtilles. Le champignon pénètre dans les bourgeons floraux et éventuellement dans la tige. Les symptômes commencent à se manifester chez les jeunes bourgeons printaniers, l’extrémité apicale s’assèche et prend la forme d’un bâtonnet caractéristique. L’apparition de la maladie augmente d’année en année et réduit la production de myrtilles. Des dégâts importants dans les plantations adultes sont observés pendant l’été, il est fréquent de voir des plantes avec une partie des branches principales totalement sèches et le reste sain. Les spores produites sont disséminées avec la pluie. Les fruits endommagés sont mous, craquent souvent et perdent leur jus.
    Lutte : Comme mesure prophylactique, il faut couper et brûler les branches affectées. La lutte chimique peut se faire avec l’utilisation appropriée de fongicides approuvés.

 

D’autres champignons identifiés dans les plantations américaines, certains même dans les plantations du sud-ouest espagnol et français, sont :

 

  • Alternaria (Alternaria sp.). Ce champignon a été identifié comme l’une des principales causes de la pourriture de la myrtille. Le pathogène provoque des lésions sur les myrtilles lorsque l’infection survient avant la récolte. La surface de la zone infectée est souvent recouverte d’une masse de spores vert noirâtre, ce qui la différencie de l’anthracnose. Les infections se produisent par la cicatrice des myrtilles. Dans les plantations du sud-ouest de l’Andalousie, le champignon est quantitativement plus isolé dans les lésions des feuilles, des branches et des pousses, bien que l’on n’ait pas détecté de pourriture des fruits.
    Lutte : l’application de fongicides toutes les deux semaines, dès la floraison et jusqu’à la récolte, ainsi qu’une réfrigération rapide des myrtilles sont nécessaires pour maintenir la qualité optimale des fruits.

 

  • Phytophthora (Phytophthora sp.). La pourriture des racines causée par cet organisme, jusqu’à récemment classée comme champignon, peut causer la mort subite du myrtillier, ou peut se manifester comme une maladie lente et progressive caractérisée par une faible croissance et un développement prématuré caractéristique de la couleur du feuillage en automne (jaune ou rougeâtre). Les plantes infectées ont souvent une mauvaise fixation dans le sol due à un mauvais développement racinaire. Cette maladie est favorisée par un mauvais drainage du sol qui provoque des inondations ou un excès d’humidité.
    Lutte : la meilleure défense est d’éviter l’excès d’eau dans le sol, ainsi que de bien choisir le terrain (topographie et sols exempts de champignons).

 

Quelles sont les maladies qui peuvent attaquer la myrtille ?

  • Bactériose. Agrobacterium tumefaciens est la bactérie qui affecte principalement cette culture, bien qu’en France, elle n’ait pas été détectée dans les plantations commerciales. Il s’attaque au système racinaire, affaiblissant la plante et causant même sa mort. Lorsque les plantes de plus de deux ans sont infectées, les feuilles deviennent prématurément rougeâtres, devenant brun-jaunâtre à mesure que la maladie progresse.
    Lutte : Tous les cultivars de myrtille y sont sensibles. Par conséquent, la méthode de lutte la plus efficace est l’établissement de plantations dans des sols non infectés, en utilisant des plantes avec garantie phytosanitaire. Aux Etats-Unis, la lutte biologique avec la souche K84 d’A. radiobacter, commercialisée sous le nom de Galltrol, semble prometteuse, favorisant la protection contre A. tumefaciens, bien que ce produit ne soit pas encore enregistré en Europe. Les traitements chimiques du sol sont généralement inefficaces pour combattre cette bactérie.

  • Virose et mycoplasmose. De nombreux virus et mycoplasmoses sont détectés aux Etats-Unis. Cependant, aucune présence semble se présenter dans les plantations européennes. Quant aux virus qui peuvent affecter les myrtilles, l’un des plus importants est la tache annulaire. Cette maladie apparaît souvent sur les tiges, mais les symptômes les plus apparents sont observés en août ou septembre sur les feuilles, surtout dans la moitié basale des tiges. Ces vieilles feuilles présentent, dans leur faisceau, des taches annulaires rougeâtres mais vertes dans leur partie centrale.
    Lutte : éliminer les plantes atteintes et les remplacer par de nouvelles plantules.

 

 

 

La récolte des myrtilles

Quand récolter les myrtilles ? À quel indice de maturité se tenir ?

La récolte dans le sud de la France, en fonction de l’altitude et de la proximité de la côte où se trouvent les plantations, peut commencer à la mi-juin avec les cultivars les plus précoces et s’étendre jusqu’à la fin du mois de septembre avec les derniers. Le temps entre la floraison et la maturation des fruits varie d’un cultivar à l’autre, allant de 60 à 90 jours chez les cultivars de l’espèce V. corymbosum, et de 80 à 120 chez ceux de V. ashei (groupe « Rabbiteye »).
La période de maturation est progressive. Le début de la récolte, ainsi que la façon dont elle est effectuée, dépend de la destination de la myrtille. S’elle est destinée au marché du frais, le nombre de passages à effectuer sur une même plante peut varier de 3 à 8 ; la récolte peut commencer lorsque la plante a environ 10%-15% de fruits mûrs, c’est-à-dire totalement bleus. Cependant, il est préférable d’attendre environ 5 ou 6 jours à partir de ce moment pour faire la première récolte, car durant cette période de temps les myrtilles prennent beaucoup de sucres et augmentent considérablement leur poids. Les passages suivants seront effectués dans chaque usine, environ tous les 7 jours.

Récolte des myrtilles manuelle ou mécanique ? Combien de kg de myrtilles récoltées par heure ?

Les myrtilles sont cueillies à la main, une par une, sans presser fortement sur les baies pour ne pas les abîmer, et sont placées directement dans les récipients finaux, qui sont généralement des plateaux de différents modèles et tailles. La sélection se fait directement sur la plante, en contrôlant l’état de maturité, le calibre, l’absence de dommages sur les myrtilles, etc. Les fruits doivent être secs pour la récolte. Selon ces critères, on obtient un rendement moyen par personne de 4 à 6 kg/heure. Actuellement, des essais de récolte mécanique sont en cours pour les myrtilles fraiches, mais il n’y a pas beaucoup de cultivars adaptés à ce type de récolte, et les machines ne sont pas suffisamment développées pour le moment. Un autre paramètre qui détermine le début de la récolte est la teneur totale en sucre, qui est mesurée en ºBrix, et dont le niveau optimal devrait être supérieur à 11 ºBrix. Lorsque les myrtilles sont destinées à l’industrie de transformation, il n’est pas nécessaire que la récolte soit aussi délicate. Par conséquent, on s’attend à ce qu’il y ait la plupart des fruits de la plante mûre, faisant 1 ou 2 récoltes par plante tout au plus.

La récolte manuelle pour des myrtilles destinées à l’industrie permet d’atteindre des rendements de 8 à 12 kg/h, supérieurs à ceux indiqués pour la destination fraîche, puisque les myrtilles ne doivent pas être triées. Celles-ci sont collectées directement dans des seaux ou des conteneurs similaires. Plusieurs systèmes de récolte mécaniques peuvent également être utilisés, bien qu’il soit nécessaire de tenir compte de certaines caractéristiques fondamentales des cultivars telles que leur port dressé, la facilité de détachement du fruit, la fermeté et le type de cicatrice, ainsi que la concentration de la maturité. De plus, plus le nombre de passages est réduit, plus les dégâts sur les myrtilliers seront évités. Un autre inconvénient de cette récolte mécanisée est que, contrairement à la récolte manuelle, elle n’est pas sélective, ce qui augmente le pourcentage de destruction lors de l’incorporation de fruits trop mûrs, malades ou endommagés par les insectes. Parmi les machines utilisées, on peut citer la récolteuse automotrice à tiges, qui se déplace à cheval sur la ligne de production et peut récolter de 1.000 à 2.000 kg / heure. En raison de leur coût élevé et de leur taille, ils conviennent aux grandes plantations de plus de 25-30 ha, et avec une bonne orographie. Il existe également sur le marché des vibrateurs électriques manuels qui permettent d’atteindre des rendements de 30 à 40 kg/heure et par personne. Ces machines ont des doigts rotatifs avec vibration verticale ou horizontale ou les deux. Les systèmes rotatifs endommagent moins les plantes que les précédents, mais ils sont moins efficaces.

À quel rendement s’attendre pour la culture des myrtilles et quelle est la durée de vie d’un arbre à myrtille ?

La production commence la 2ème ou 3ème année de plantation, et il peut être obtenu entre 1 et 4 t/ha. Cette récolte augmente progressivement pour atteindre la pleine production à 6-7 ans, se stabilisant autour de 12-15 t/ha. Certains cultivars peuvent dépasser 20 t/ha. Ces productions peuvent être maintenues régulièrement pendant au moins 25 à 30 ans, si elles sont bien gérées. En Allemagne et aux Etats-Unis, il existe des plantations de plus de 50 ans qui produisent encore de manière satisfaisante ! Cependant, la rapidité avec laquelle la sélection variétale évolue aujourd’hui, avec la production de nouveaux cultivars plus productifs, résistants aux ravageurs et aux maladies…, ainsi que les nouvelles exigences du marché, peuvent favoriser la reconversion variétale.

 

Productivité progressive des myrtilliers en fonction des années

La post-récolte des myrtilles

Comment stocker et conserver les myrtilles ?

Lorsque les myrtilles arrivent à leur maturité physiologique, de nombreux changements de couleur, de fermeté et de goût commencent à se produire, liés aux caractéristiques organoleptiques, qui les rendent finalement plus attrayantes pour la consommation. Les myrtilles sont des fruits récoltés à partir de la maturité physiologique. Cependant, une fois atteint l’état de qualité maximale, la surmaturité se produit très rapidement, associée à un ramollissement excessif, une perte de saveur et de couleur qu’il faut éviter. La rapidité avec laquelle la perte de qualité se produit après la récolte est fondamentalement liée à la température, et par conséquent, une bonne gestion de la température même à partir de la récolte contribue de manière significative à maintenir la qualité de la myrtille. Avec des températures de 4 º C et 5 º C les myrtilles ont une fréquence respiratoire considérée faible à modérée, qui augmente considérablement à température ambiante. Plus la fréquence respiratoire est élevée, plus les changements impliqués dans la maturation et la perte de qualité se produisent rapidement. Vient ensuite la technologie post-récolte utilisée pour maintenir la qualité obtenue sur le terrain et pour mettre ces produits périssables à la disposition du consommateur avec le maximum de leur qualité organoleptique et de leur valeur nutritionnelle.

Comment réfrigérer les myrtilles ?

Le froid est l’une des techniques les plus largement utilisées dans le monde pour minimiser la détérioration des fruits et légumes frais après la récolte, tout en réduisant leur déshydratation et le développement des maladies. Lorsque les myrtilles sont destinées à la consommation fraîche, il est nécessaire de réduire rapidement la température du fruit par prérefroidissement, jusqu’à atteindre des valeurs proches de celles recommandées pour la conservation, afin d’éviter des pertes de qualité. Elle doit être effectuée dans les 4 heures suivant la récolte. La méthode la plus recommandée pour les prérefroidir est d’utiliser de l’air forcé, qui consiste à faire passer de l’air froid à l’intérieur des conteneurs à l’aide d’un ventilateur. Avec ce système il est possible d’abaisser la température de l’intérieur des fruits de 20-25ºC à 1,5ºC en 2 heures, en utilisant une chambre froide. Les myrtilles prérefroidies doivent rester à une température proche de 0 º C avec une humidité relative comprise entre 90 et 95%. Dans ces conditions, les myrtilles peuvent conserver leur qualité optimale pendant deux ou trois semaines.

L’importance du stockage de la myrtille dans des lieux à atmosphères modifiées ou contrôlées ?

Les atmosphères contrôlées ou modifiées contiennent des niveaux plus faibles d’O2 et des niveaux plus élevés de CO2 que l’air. Grâce à l’utilisation de ces technologies, la respiration de la myrtille est réduite, ce qui retarde la maturation. Lorsque la modification de l’atmosphère s’effectue en maintenant un contrôle plus ou moins précis de la concentration gazeuse dans une certaine plage, on parle d’atmosphère contrôlée. Si, en revanche, un mélange de gaz résultant de l’échange gazeux du récipient est utilisé en équilibre avec la respiration du produit, cette technique est appelée atmosphère modifiée. On y parvient en réalisant un vide puis en réinjectant le mélange de gaz approprié, de telle sorte que l’atmosphère obtenue dans le récipient varie dans le temps en fonction des besoins et de la réponse du produit. Les myrtilles peuvent être conservées, en maintenant une réfrigération adéquate et dans des atmosphères contrôlées de 10-12% de CO2 et d’environ 10% d’O2, pendant une période de 6 à 9 semaines, selon le cultivar et l’état initial de maturité de la myrtille. L’un des inconvénients de cette technologie est son coût élevé. Cependant, l’application d’une atmosphère contrôlée est essentielle lorsqu’il est nécessaire de conserver les fruits pour des périodes supérieures à 3 semaines. L’utilisation d’atmosphères modifiées pour la conservation des fruits a augmenté ces dernières années dans les pays développés. L’une des raisons est que cette technologie peut être appliquée à une variété de tailles d’emballage, des palettes complètes aux petits formats individuels. Toutefois, il faut garder à l’esprit que les niveaux d’O2 et de CO2 atteints à l’intérieur de l’emballage doivent se situer dans la fourchette recommandée pour ce fruit.

Congeler les myrtilles ?

La congélation des aliments est une forme de conservation qui repose sur la solidification de l’eau qu’ils contiennent. L’application intense du froid est capable d’arrêter les processus bactériologiques et enzymatiques qui détruisent les aliments. La qualité d’un produit congelé dépend de la vitesse à laquelle il est congelé. Dans le cas des myrtilles, si la destination des fruits est l’industrie de transformation, le plus courant est de les congeler. Après la cueillette, les myrtilles sont soumises à un jet d’air pour éliminer, dans un premier temps, les restes de feuilles, dépôts, pédoncules… qui les accompagnent. Ensuite, une sélection plus fine est effectuée, en éliminant les autres matières étrangères, généralement au moyen de techniques de séparation aérodynamique, puis elles sont lavées, séchées et conditionnées pour la congélation. Pour les petites productions où la récolte est manuelle, et donc plus sélective, il est plus courant de congeler directement. Il y a deux systèmes de congélation :

– la surgélation, qui est considérée comme terminée lorsque le produit a atteint -18 °C en son centre. Ce système permet d’utiliser différents types d’emballages ;

– et la congélation dans les tunnels IQF (Individually Quik Frozen), qui est un système beaucoup plus sophistiqué. Grâce à cette dernière technologie, les myrtilles sont congelées individuellement à -30°C en quelques secondes, ce qui permet de les décongeler avec moins d’eau et moins de fermeté, tout en maintenant une meilleure qualité. Une fois congelées, elles sont conservées dans une chambre de congélation normale à -20ºC. L’inconvénient de ce système est son coût élevé. Si le système de congélation IQF doit être utilisé, il est préférable d’appliquer les mêmes considérations en ce qui concerne la récolte que pour la consommation fraîche, plutôt que la récolte en vrac.

Commercialiser les myrtilles ?

La façon dont les myrtilles sont commercialisées dépend de la destination finale des fruits, pour la consommation fraîche ou pour l’industrie de transformation. Si les myrtilles sont destinées à la vente à l’état frais, elles sont commercialisées dans les mêmes conteneurs que ceux dans lesquels elles sont collectées, avec des unités de 125, 150, 200, 250, 500 g et même 1 kg. Celles-ci sont placées dans des emballages, généralement en carton, avec un poids net de 1 à 3 kg, selon le marché cible, la demande, le moment de la saison, etc. Les myrtilles peuvent également être vendues en vrac sur les marchés locaux.

Empaquetage des myrtilles dans de petites barquettes plastique avec couvercle de 250 g., elles-mêmes placées dans des cagettes carton

Les principaux canaux de distribution des fruits frais se trouvent dans les chaînes de supermarchés, les restaurants et les fruiteries spécialisées. Dans les pays où la consommation est très répandue, les fruits arrivent dans les chaînes de supermarchés directement des grandes sociétés productrices ou des organisations de producteurs, les prix et les volumes étant déjà fixés pour toute la saison. Le reste de la chaîne de distribution est principalement approvisionné par le réseau des marchés centraux. Lorsque les myrtilles sont destinées à l’industrie agroalimentaire, les unités de vente sont plus grandes. On utilise généralement des boîtes en plastique ou en carton d’une capacité de 5 à 20 kg. Le plus habituel est de commercialiser les fruits une fois congelés. La production de myrtilles obtenue en Espagne, principalement dans les Asturies et à Huelva comme principales zones de production de ce fruit, couvre actuellement un calendrier de production qui va de mars à fin septembre. L’Argentine et d’autres pays de l’hémisphère sud commencent à approvisionner le marché européen en myrtilles à partir d’octobre, couvrant ainsi l’hiver. Il existe donc un marché de niche au début de l’automne sur lequel il n’y a actuellement aucune offre de ce fruit pour répondre à la demande. Les conditions agro-climatiques en Espagne et en France, ainsi que le choix de la variété et le développement de la technologie de production, peuvent favoriser la production tardive. De cette façon, des niches de marché peuvent être occupées aux dates où ce produit atteint des prix très élevés.

Quels sont les coûts de production de la myrtille ? Est-ce que la culture de la myrtille est rentable ?

La production commerciale de myrtilles peut procurer des retombées économiques élevées, même supérieures à celles de toute autre culture fruitière selon les prix du marché atteints ces dernières années. La myrtille bénéficie en effet d’un effet de mode ces dernières années (tout comme les baies de Goji).
Sur la base des résultats d’une étude réalisée par le SERIDA (J.C. García et M. Ciordia, 2006) sur un terrain dans les Asturies (Nord de l’Espagne) on constate que le bénéfice net d’un hectare de myrtilles en pleine production est d’environ 13.000 €, commençant la production la 2ème-3ème année de plantation et réalisant un bénéfice à la 3ème-4ème année, pour un investissement de 23.000 € environ.